Les trois héros se mirent en chemin au trot. Ils tombèrent sur un soldat de JEREZ qui cherchait justement à les rejoindre :
« - Vous êtes Celes ? demanda-t-il à Celes qui lui répondit que oui, que Celes, c’était elle.
Le COMMANDANT SPITZER m’envoie pour vous demander l’antidote, si toutefois vous avez réussi à vous en emparer.
- Oui, j’en ai là trois échantillons. Prenez-les et ramenez-les au camp.
- Merci, mademoiselle Celes, on commençait à s’inquiéter, notre général est à présent plongé dans un profond sommeil voisin de la mort.
- Alors, pour l’amour du ciel FAITES VITE ! répondit Celes avec émotion.
Le soldat repartit en courant en direction du camp, en possession du seul salut du général PERRY. Celes et ses amis arrivèrent bientôt sur le seuil du Palais Royal d’ALEXANDRIE, où nul, hormis JULIUS, ses prêtres-sorciers, l’impératrice, quelques gardes, domestiques et les plus hauts officiers, ne pouvait pénétrer. Il était en proie aux flammes, déjà détruit par certains endroits. La gigantesque porte d’entrée était grande ouverte et la petite équipe n’hésita pas un instant avant de gravir les marches du palais et de passer la porte. Mais à peine furent-ils entrés que cette dernière se referma brusquement derrière eux. EDGE essaya à tout prix de la rouvrir, mais en vain, elle était trop imposante et semblait être définitivement bloquée. Un éclair traversa la porte et le bras de EDGE en contact avec celle-ci. Le vaillant ninja fut violemment projeté contre le mur de l’autre côté de la grande salle. Celes accourut alors qu’il essayait péniblement de se relever :
- EDGE, tu n’as rien ?
- Je ne comprends pas… c’est de la sorcellerie…
Ils entendirent alors un éclat de rire monstrueux. Ils se retournèrent et furent comme paralysés de terreur. Un gigantesque, colossal serpent aux yeux rouges, aux dents pointues et semblant disposer de douze queues (c’est beaucoup… non ?) était en train de leur rire au nez. Il avait une espèce de tâche jaune entre les deux yeux. Celes connaissait la légende : RIKIMARU, le serpent gardien des enfers, grand comme une maison, aux douze queues tenant chacune une épée imprégnée d’un poison mortel. Mais de là à penser que ce monstre existait vraiment… Le serpent prenait toute la place de la pièce et étouffait de ses multiples queues LAPHINE, qui était restée derrière. Il prit la parole :
- Une simple petite pression et je fais exploser la tête de votre amie ! Et maintenant, si vous ne voulez pas que je fasse de la bouillie d’aviatrice, vous n’allez pas bouger d’un pouce et vous allez répondre à ma question : QUE VENEZ VOUS CHERCHER DANS LE PALAIS DU SERENISSIME JULIUS SANS Y AVOIR ETE INVITES ? Car JULIUS est à présent le MAITRE DU MONDE et on ne viole pas sa demeure impunément !
- Le maître du monde ? gémit Celes d’une voix qui tremblait.
- Ce n’est pas difficile à comprendre, répondit EDGE. JULIUS s’est servi, grâce à ses sorciers, de l’énergie de Grisby pour tenter de SURPASSER LES DIEUX ! Mais il échouera. On ne défie pas les dieux comme ça…
- SILENCE ! cria le serpent. Vous n’avez toujours pas répondu à ma question !
- Nous sommes venus chercher ma femme, mes enfants et Grisby, et nous avons l’intention de repartir avec eux !
Tout à coup, une des douze queues du serpent se saisit du cou de EDGE, qui se retrouva vite à quatre pattes en train de râler. « Ne lui fais pas de mal ! » se hasarda Celes en tentant d’attraper le visage hideux de l’invertébré avec l’espoir de l’empêcher d’étrangler son ami. Mais une autre queue la gifla qui l’envoya valser à dix mètres :
« Fiche-moi la paix, toi ! répondit haineusement le serpent. Ton tour viendra bientôt, tu peux me croire ! Quant à toi, misérable petit mortel insignifiant, tu vas me payer de ta vie ton arrogance ! »
Aussitôt, une flèche bien tirée vint transpercer la tâche jaune que le serpent avait entre les yeux. Il poussa alors un cri effroyable et disparut en poussière : « CE N’EST PAS FINI ! JE SUIS IMMORTEL ! ON SE REROUVERA, SALES PETITS BOUTS D’HUMAINS ! ON SE RETROUVERA ! »
La fumée se dissipa et laissa apparaître une silhouette qui n’était pas inconnue de Celes. La silhouette rangea son arc en disant : « La tâche jaune entre les deux yeux. C’était son point faible. C’était là qu’il fallait viser. » La petite Celes poussa un cri de surprise. Elle était paralysée de joie : « PAPA ! » hurla-t-elle d’une voix presque délirante. Elle se précipita aussitôt sur lui et le prit dans ses bras. Grisby faillit tomber à la renverse. Il lâcha son arc pour entourer sa fille de ses bras.
- Papa, si tu savais comme j’ai eu peur… gémit Celes, en larmes.
- Je sais, ma chérie, j’ai entendu ta peur m’appeller.
- Grisby, mon vieux ! dit EDGE le sourire aux lèvres en s’approchant à grands pas de son sauveur. On te croyait au bord de la mort !
- Je n’en étais pourtant pas loin, répondit Grisby. Je ne saurai dire combien de temps j’ai été enfermé dans ce palais ni pour quelles raisons, mais j’ai comme l’impression d’y être resté une éternité. J’étais plongé dans un état de léthargie, mais malgré mon sommeil, j’ai senti à un moment donné la présence de Celes, puis je la sentais de plus en plus, je la sentais se rapprocher, puis sa terreur m’a réveillé. J’ai accouru jusqu’ici, assommant un garde au passage pour lui prendre son arc. Je viens de me réveiller d’un long sommeil plein de cauchemars, dans un palais démoniaque aux créatures qui le sont tout autant. J’ai repris connaissance dans ce lit étrange qui plus ressemble à un autel pour les sacrifiés qu’à un lit d’hôtel cinq étoiles, et mon intuition me dit que j’ai du être l’objet d’expériences…
- Oh, Papa, c’est cet affreux JULIUS qui se sert de toi pour avoir la puissance d’un dieu. Il extrait de ton corps une mystérieuse énergie d’essence divine que tu sembles posséder…
- Qu’est-ce que tu dis, Celes ?
- Qu’est-ce que c’est que cette histoire de fous ? dit alors LAPHINE qui venait de reprendre connaissance.
- Je ne sais pas vraiment si j’ai une énergie divine, mais des fois je sens comme des courants qui passent en moi. Pendant mon sommeil, j’ai eu des visions… j’ai vu le général PERRY se réveiller en sueur en plein milieu de la nuit, se réveiller de sa paralysie en se tordant d’une insoutenable douleur, sans pousser un seul cri, avant de replonger dans un coma plus profond encore. J’ai vu Celes se faire traîner dans les couloirs d’une prison par des brutes de garde. J’ai vu SEI LYNE, nouvellement habillée de sa toge et de sa couronne d’impératrice, verser des larmes en contemplant par la fenêtre de sa chambre le dernier étage de la tour de la prison d’ALEXANDRIE. J’ai vu EDGE marcher à travers le désert, s’écrouler, épuisé, pour gagner Alexandrie, animé par le seul espoir de sauver sa femme…
- C’est extraordinaire ! s’exclama EDGE.
- Et qu’est-ce que tu as vu pour moi ? demanda LAPHINE.
- Toi, je te rencontre à peine, répondit Grisby, mais je vois qui tu es. Tu dois être le ou plutôt la capitaine LAPHINE, qui commande l’escadre volante de JEREZ.
- Pour vous servir, cher Grisby.
- Bien, affirma celui-ci sur un ton déterminé, il nous reste encore SEI LYNE et ses enfants à récupérer… et si nous ne pouvons pas sortir, nous n’aurons pas d’autre choix que d’affronter l’empereur lui-même… En route ! L’équipe passa dans la salle d’armes dont la porte n’était, Dieu merci, pas fermée, afin de se procurer les moyens de se défendre. Elle monta alors un grand escalier en colimaçon. A la surprise de Celes et des autres, malgré les dégradations qu’ils avaient pu constater à l’extérieur, l’intérieur du palais de l’empereur était intact, somptueux, nickel, tout en or, et sans une égratignure, rien. « Comment l’intérieur du palais a-t-il pu être conservé de cette manière, avec ce qu’il pleut dehors ? » se demanda EDGE. On arriva bientôt à une bifurcation : un escalier partait à gauche, l’autre à droite.
- Séparons-nous, enjoint Grisby. Nous disposons chacun d’une épée, d’un arc et de dix flèches, et nous savons tous nous en servir. Quoi que vous fassiez, n’utilisez pas de colt, c’est trop bruyant. EDGE, tu viens avec moi à gauche. Celes et LAPHINE, vous prendrez l’escalier de droite. Nous nous retrouverons ici même.
- A plus tard alors, répondit Celes en empruntant au pas de course, suivie du capitaine LAPHINE, l’escalier qui lui avait était désigné.
- Allons-y, EDGE.
Les deux compagnons se mirent alors en route.
- Alors comme ça, EDGE, tu as maintenant deux enfants ? demanda Grisby.
- Oui, mon petit garçon, VIRGILE, a cinq ans. Et ma petite fille a trois ans, elle s’appelle D’ARCY.
Grisby avait profité du bout de chemin qu’ils avaient tous fait ensemble pour observer le capitaine LAPHINE. A vrai dire, il n’y’ avait jamais vraiment prêté attention, il ne l’avait jamais vue que de loin. Elle devait mesurer dix centimètres de moins que Grisby environ, c’est-à-dire un mètre soixante, elle %EOUS L’EMPRISE DE TOUS LES SORTILEGES POSSIBLES ET INIMAGINEABLES !
- Calme-toi, ma chérie, voyons, lui dit EDGE d’un ton caressant.
- AAARGHL ! aaarghla Grisby. Qu’est-ce que c’est que cette nouvelle diablerie ?
- Qu’est-ce qu’il y’a ? voulut se renseigner LAPHINE.
- Il y’a… autour de moi comme une espèce de coque en verre qui forme un chemin entre moi et le haut de l’escalier droit… un chemin dont je ne peux pas sortir.
- Tu pars en vrille, Grisby, il n’y’ a rien du tout, lui déclara EDGE tout en s’avançant vers lui. Mais il se heurta bientôt à quelque chose qui n’était pas visible à l’œil nu. Un énorme obstacle transparent séparait bien Grisby de ses compagnons. Sous la supar de puissants sortilèges, cette guerre, ce sont les soldats de JEREZ qui sont en train de la gagner. On voit ça d’ici, par la fenêtre, là.
Grisby regarda par la fenêtre, et vit que le jour était en train de se lever.
- Mais cet infâme empereur, poursuivit SEI LYNE, a emmené mes enfants il y’a peu de temps, et en arrivant dans la Chambre, il va s’apercevoir de ta disparition, Grisby, et sa colère va retentir.
- Il va donc falloir, dit celui-ci, affronterais où tu vas ? demanda EDGE, certr du palais. Bon, on va commencer par retrouver les deux autres au point de rendez-vous.
Sur ces paroles, il quittèrent la pièce d’un pas décidé et rebroussèrent chemin. A la bifurcation où ils s’étaient séparés, Grisby, EDGE et SEI LYNE ne virent personne. « C’est bizarre, pensa Grisby, mais je crains qu’il ne leur soit arrivé malheur. » A la même seconde, LAPHINE apparut toute seule, dévalant, essoufflée, l’escalier de droite. Elle était blessée au bras.
- LAPHINE, s’inquiéta GRISBY en allant vers elle, qu’est-ce qui s’est passé ? Où est Celes ?
- Ces… Ces monstres la retiennent pfff… Im… Impossible de les affronter… Trop résistants… préféré courir ici… pfff… demander pour que vous veniez… pfff… m’aider…
- Quels monstres ?
- Deux… pfff… deux grands barbus de deux mètres dix chacun… pfff… avec des masques…
- Les GEMEAUX ! affirma soudain SEI LYNE sur le ton de l’exclamation.
- Qui sont les GEMEAUX ? s’enquit EDGE.
- Ce sont les deux prêtres-sorciers de JULIUS, répondit-elle. Ils sont nés siamois, attachés par la tête. Mais un miracle a fait qu’ils ont survécu tous les deux quand on les a sépar% lit d’un pas réticent.
- Oh%OUS L’EMPRISE DE TOUS LES SORTILEGES POSSIBLES ET INIMAGINEABLES !
- Calme-toi, ma chérie, voyons, lui dit EDGE d’un ton caressant.
- AAARGHL ! aaarghla Grisby. Qu’est-ce que c’est que cette nouvelle diablerie ?
- Qu’est-ce qu’il y’a ? voulut se renseigner LAPHINE.
- Il y’a… autour de moi comme une espèce de coque en verre qui forme un chemin entre moi et le haut de l’escalier droit… un chemin dont je ne peux pas sortir.
- Tu pars en vrille, Grisby, il n’y’ a rien du tout, lui déclara EDGE tout en s’avançant vers lui. Mais il se heurta bientôt à quelque chose qui n’était pas visible à l’œil nu. Un énorme obstacle transparent séparait bien Grisby de ses compagnons. Sous la supar de puissants sortilèges, cette guerre, ce sont les soldats de JEREZ qui sont en train de la gagner. On voit ça d’ici, par la fenêtre, là.
Grisby regarda par la fenêtre, et vit que le jour était en train de se lever.
- Mais cet infâme empereur, poursuivit SEI LYNE, a emmené mes enfants il y’a peu de temps, et en arrivant dans la Chambre, il va s’apercevoir de ta disparition, Grisby, et sa colère va retentir.
- Il va donc falloir, dit celui-ci, affronter l’empereur pour sauver tes enfants et sortir du palais. Bon, on va commencer par retrouver les deux autres au point de rendez-vous.
Sur ces paroles, il quittèrent la pièce d’un pas décidé et rebroussèrent chemin. A la bifurcation où ils s’étaient séparés, Grisby, EDGE et SEI LYNE ne virent personne. « C’est bizarre, pensa Grisby, mais je crains qu’il ne leur soit arrivé malheur. » A la même seconde, LAPHINE apparut toute seule, dévalant, essoufflée, l’escalier de droite. Elle était blessée au bras.
- LAPHINE, s’inquiéta GRISBY en allant vers elle, qu’est-ce qui s’est passé ? Où est Celes ?
- Ces… Ces monstres la retiennent pfff… Im… Impossible de les affronter… Trop résistants… préféré courir ici… pfff… demander pour que vous veniez… pfff… m’aider…
- Quels monstres ?
- Deux… pfff… deux grands barbus de deux mètres dix chacun… pfff… avec des masques…
- Les GEMEAUX ! affirma soudain SEI LYNE sur le ton de l’exclamation.
- Qui sont les GEMEAUX ? s’enquit EDGE.
- Ce sont les deux prêtres-sorciers de JULIUS, répondit-elle. Ils sont nés siamois, attachés par la tête. Mais un miracle a fait qu’ils ont survécu tous les deux quand on les a séparés. Toute leur vie, ils ont du porter un masque pour cacher la difformité hideuse de leur visage. Mais en grandissant, ils se sont découvert des pouvoirs de shaman. Ils sont donc entrés tous les deux au service de JULIUS depuis la mort du précédent empereur, ROMINUS IV. Ils ont vraiment des pouvoirs, et ils ont sûrement profité eux aussi de l’énergie de Grisby. Les GEMEAUX doivent être à présent invincibles !
- Aucun être n’est invincible, SEI LYNE, répondit Grisby sur le ton du sage. Il y’a toujours un point faible. Toujours. Le tout est de le trouver.
- Pour être honnête avec toi, tenta de le raisonner EDGE, je crois que ces GEMEAUX ont vraiment l’air très coriaces !
- Peut-être, mais je n’ai rien à perdre à risquer ma vie pour Celes. Elle est tout ce que j’ai de plus précieux au monde, et si vous ne me suivez pas, j’irai seul.
Grisby monta les marches de l’escalier de droite, timidement suivi de son équipe. Le palais tout entier se mit à trembler, imperceptiblement d’abord, puis de plus en plus fort, au point que tout le monde se retrouvait les quatre fers en l’air, certains même, dans une position vraiment ridicule. Ils se relevèrent difficilement et on entendit SEI LYNE crier :
- C’EST LA COLERE DE JULIUS ! LE PALAIS VA MAINTENANT ETRE SOUS L’EMPRISE DE TOUS LES SORTILEGES POSSIBLES ET INIMAGINEABLES !
- Calme-toi, ma chérie, voyons, lui dit EDGE d’un ton caressant.
- AAARGHL ! aaarghla Grisby. Qu’est-ce que c’est que cette nouvelle diablerie ?
- Qu’est-ce qu’il y’a ? voulut se renseigner LAPHINE.
- Il y’a… autour de moi comme une espèce de coque en verre qui forme un chemin entre moi et le haut de l’escalier droit… un chemin dont je ne peux pas sortir.
- Tu pars en vrille, Grisby, il n’y’ a rien du tout, lui déclara EDGE tout en s’avançant vers lui. Mais il se heurta bientôt à quelque chose qui n’était pas visible à l’œil nu. Un énorme obstacle transparent séparait bien Grisby de ses compagnons. Sous la surprise de cet enchantement, les aventuriers ne prirent pas garde tout de suite à la fumée verte qui était en train de se propager partout, sauf dans le chemin protégé par la coque en verre invisible. Grisby en fut averti le premier : « ATTENTION ! » tenta-t-il vainement de les avertir, mais déjà ses amis s’écroulaient un à un, comme sous l’effet d’un somnifère.
- Camarades ! Non, ZEUS, non, ne les laisse pas mourir ainsi sans leur accorder leur vengeance !
- Ils ne sont pas morts, Grisby, lui dit alors une voix double venue de nulle part. Laisse donc ces pleutres, tu n’as pas besoin d’eux. C’est toi que nous voulons. Tu voulais récupérer ta fille ? Ca tombe bien, elle est entre nos mains. Courageuse, d’ailleurs, pour une fillette de seize ans. Digne de son père, sans doute ! Mais si tu la veux, tu devras venir la chercher ! HA HA HA HA !
- C’est donc vous les GEMEAUX ! Où êtes-vous cachés ?
- Tu le sauras bien vite ! Suis ce chemin et n’essaye pas d’en sortir, car cette magie qui te donne l’effet du verre est INDESTRUCTIBLE !
Contraint de suivre la route qui lui était toute tracée, le long de l’escalier, puis d’un couloir, Grisby s’avança l’épée à la main, et non sans une certaine peur qu’il parvenait bien à dissimuler. Il continua à marcher. La porte au bout se rapprochait. Derrière, les GEMEAUX et Celes. Il s’élança vers la porte, en saisit la poignée et l’ouvrit brusquement, se tenant prêt à riposter en cas d’attaque.
Il était alors dans une grande salle, qui portait encore les traces de l’orgie privée de JULIUS, qui avait eu lieu la veille. Les GEMEAUX se tenaient en face de lui. Conformes à la description : grands, costauds, masqués, barbus, habillés d’une grande toge noire qui portait un signe représentant la tête de JULIUS inscrite dans un soleil rayonnant. Celes était dans un coin de la pièce, baillonnée, ligotée, les larmes aux yeux. Les GEMEAUX possédaient l’étrange faculté propre à certains jumeaux de finir les phrases l’un de l’autre, ou de prendre la suite du discours l’un de l’autre sans interruption.
- Nous t’attendions, Grisby. Nous savions que Celes t’attirerait irrémédiablement à nous.
- Et tu es venu, comme nous l’avions espéré. Nous allons pouvoir régler nos comptes.
- Il se fait que tu as été d’une grande aide à JULIUS pour l’aider à conquérir le pouvoir des dieux. Mais nous avons lu dans ton esprit que tu es une personne qui aspire au bien, à la paix et à l’amour des siens. D’énergie fondamentalement positive, tu représentes un grand danger pour JULIUS, car tu es le seul être susceptible de pouvoir contrecarrer ses plans.
- De plus, comme de nature tu es, en ce qui concerne l’énergie divine, supérieur à JULIUS, seule ta mort pourrait permettre à notre empereur d’être le plus suprême de tous les êtres. Et puis de toute façon, tu ne nous es plus d’aucune utilité.
- Nous t’avons donc attendu pour te tuer, Grisby. Nous ne savons pas d’où tu détiens ta puissante énergie, ni même si tu portes quelque origine divine dans tes gènes, mais il ne faut pas que tu vives plus longtemps. Nous allons te donner un avantage : nous n’utiliserons pas de sortilèges magiques.
- DEFENDS-TOI ! ordonnèrent-ils alors ensemble.
Grisby, l’épée au clair, chargea sans attendre son double adversaire en criant le nom de ZEUS. Il avait bien appris à se défendre depuis la Guerre des Dieux, mais à présent il était tout de même seul contre deux colosses que son épée ne semblait atteindre aucunement. Sans parvenir à les blesser, il se défendit bien cinq minutes, de tout son cœur, de toute sa force. Mais il ne pouvait pas tenir longtemps. Que pouvait-il, lui, contre les invincibles GEMEAUX, qui se battaient avec des lances et se déplaçaient comme le vent ? Tout à coup, il en vint à considérer que toute résistance était inutile. Puis, ce fut fini. Pendant ce bref moment de découragement, un GEMEAUX avait eu le temps de transpercer Grisby de sa gigantesque lance alors que celui-ci, dans une tentative désespérée, essayait de délivrer sa fille pour s’enfuir. Le pauvre héros s’écroula, ensanglanté, vomissant du sang, sous l’œil terrorisé de Celes.
- Non… Ce … Celes… pour… pourquoi ?, et ce fut son dernier souffle.
- PAPA ! NON ! hurla Celes.
Elle explosa alors d’un sanglot très proche de la colère orageuse, tout en traitant les GEMEAUX de tous les noms qu’elle connaissait. « C’est assez », dit calmement un GEMEAUX tout en tendant la main vers Celes avant qu’elle ne tombe dans un profond sommeil léthargique.
- Voilà, dit l’autre, ainsi tu rejoindras ton aviatrice, ton ninja et son impératrice d’opérette dans le monde des songes !
- Bien, à présent mon frère, nous devons récupérer les compagnons de Celes et les ramener tous à JULIUS afin qu’avec notre aide il essaye de faire d’eux des soldats surhumains qui lui seraient tout dévoués !
- HA HA HA HA ! ricanèrent-ils ensemble avant de quitter la pièce.
Ils ne pensèrent pas à emporter le corps de Grisby. Il resta là, entouré d’une pâle aura blanche… Est-il bel et bien mort ? Lui décédé, qui pourrait sauver le monde de la destruction ?
(c) Matt Steffan
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