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  • Le retour de Grisby: deuxieme chapitre :
  • Tuesday 6th of May 2003
Le retour de Grisby: deuxieme chapitre :

KANA ne se fit pas prier pour arriver.
- Bonjour Celes.
- KANA, j’ai absolument besoin que tu m’emmènes à Alexandrie le plus vite possible !
- Je sais. Et je vais te faire une fleur : je vais te faire passer les infranchissables murs de la ville et te déposer à l’entrée du Centre Scientifique.
En moins de temps qu’il n’en faut à l’éjaculateur précoce pour prendre congé de…
je sais pas moi… d’un top-model quelconque, KANA conduit Celes à sa destination. Avant de la quitter, elle lui dit ces paroles :
- Autre chose… Grisby est bien vivant, il est à Alexandrie, mais il est retenu prisonnier par cet affreux JULIUS qui veut exploiter la mystérieuse énergie qu’il possède. Et à présent, je dois te laisser te débrouiller seule, Celes. Il y’a douze ans de cela, j’ai fait équipe avec ton père pour l’aider à récupérer sa bien-aimée, et les dieux s’en sont irrités, car il est dangereux pour un simple mortel d’avoir trop d’importance aux yeux de ceux qui façonnent votre destinée.
- Je comprends, KANA. Merci encore à toi.
La déesse partit après un dernier adieu. Celes demeura pensive : « Grisby… une mystérieuse énergie… qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Bon, assez perdu de temps. »
Celes n’eut pas grand-chose à faire dans un premier temps. Par la force de sa pensée, la bienfaisante déesse avait dévérouillé la porte de l’entrepôt et la jeune fille n’eut aucun mal à s’infiltrer dans le local afin de s’emparer, grâce à la lumière de son briquet, d’une caisse de 50 vaccins contre le venin du SCORPION D’EAU. Les scientifiques de JEREZ auraient payé très cher pour quelque chose que Celes allait leur donner. Mais Celes, trop sûre de son coup, ne prit pas garde à la patrouille de soldats à cheval qui l’attendait à la sortie.
- HALTE ! AVEZ-VOUS UNE AUTORISATION POUR ETRE ICI ? C’EST UN ENDROIT DEFENDU A TOUTE PERSONNE ETRANGERE AU CORPS SCIENTIFIQUE D’ALEXANDRIE !
- Euh… je voulais… écoutez… en fait, je voulais juste…
- CA SUFFIT ! dit le chef en mettant pied à terre. Il fait nuit, mais on voit bien que vous êtes étrangère. Hé, qu’avez-vous donc caché sous votre bras ? Donnez-moi CA !
D’un geste brutal, le soldat désempara Celes de l’antidote. Il s’exclama :
- Vous essayiez de dérober le secret d’un demi-siècle de recherche scientifique ! Et qui me dit que vous n’êtes pas une espionne à la solde de l’armée de JEREZ, qui rôde à quelques lieues d’ici ? Et en plus de ça, vous ne respectez pas le couvre-feu !
- C’est louche, ça, dit un autre soldat.
- Nous allons la mettre en prison et elle sera fusillée pour infraction, tentative de larcin, espionnage biologique et stratégique, et non-respect des heures de couvre-feu ! En route, ma jolie !
Celes fut forcée de suivre les soldats, à travers les rues d’Alexandrie et dans la grande prison au bout de la ville. Mais elle avait eu le temps de cacher trois antidotes dans sa petite culotte. On la fit monter 30 étages à pied, suivre encore d’interminables couloirs, on la pelotait au passage, et enfin on la jeta dans une cellule.
Elle releva la tête péniblement. Il y’avait quelqu’un en face d’elle, son camarade de cellule probablement. L’homme était vêtu d’un uniforme de ninja très délabré , ses chaussures étaient usées, il portait un grand foulard autour du cou, qui servait autrefois à masquer ses cicatrices et son visage de chasseur de primes. Il était de grande taille, d’apparence solide, et avait le visage balafré du beau guerrier viking. « Oui, jeune fille, lui dit-il en la regardant, la loi de cette prison est brutale et les faibles n’y survivent pas. Mais, tu es si jeune et trop jolie, et foi de EDGE, je te protégerai de mon mieux !
- Voilà un noble projet… dit Celes en se relevant, merci, EDGE…
- C’est étrange, ton visage m’est familier… il fait partie de ceux que je ne vois qu’une seule fois mais que je n’oublie pas.
- Vraiment, et où m’aurais-tu déjà vue ?
EDGE réfléchit un long instant.
- Il y’a douze ans, après la Guerre des Dieux. Avec le général PERRY, sur la plage. La petite fillette aux yeux bridés. Tu es la fille de Grisby.
- Oui. J’ai de vagues souvenirs de ce moment. Très imprécis, comme tout souvenir d’enfance, mais je me souviens que tout le monde pleurait. Tu étais ce mercenaire masqué qui a aidé Grisby à vaincre les déesses noires.
- Oui, c’est ça.
- Et qu’est devenue ta compagne ?
- Justement, c’est malgré elle que je me suis retrouvé ici. Quand nous nous sommes séparés, il y’a douze ans, SEI LYNE et moi partions avec l’intention de faire notre tour du monde. Après l’avoir fait, nous avons trouvé un pays pas trop loin de la TERRE D’ALEXANDRIE qui nous a plu et nous nous y sommes installés. Nous avons eu deux enfants. Tout allait pour le mieux. Mais il y’a quelques jours, elle s’est fait piquer par un SCOPRION D’EAU. Je me suis donc rendu à Alexandrie avec l’espoir de trouver l’antidote, mais c’était en oubliant que ma tête y était mise à prix. JULIUS FONSDE gardait rancune contre moi : c’est moi, jadis, qui lui ai enlevé SEI LYNE dont il était aussi amoureux. On m’a immédiatement capturé et jeté ici.
- C’est aussi pour sauver quelqu’un que je suis ici. J’ai essayé de voler l’antidote dans un entrepôt scientifique, et je me suis fait prendre la main dans le sac... Mais regarde… j’ai réussi à en garder quelques uns de ces antidotes… Mais alors, qu’est devenue SEI LYNE ?
- Pour ne pas qu’elle meure, j’ai dit à JULIUS où elle se trouvait et il l’a recueillie, guérie, et à présent elle est l’IMPERATRICE ROMAINE grâce à un mariage forcé ! Je n’attends que l’occasion de m’évader, de sauver SEI LYNE et nos enfants, et de partir loin d’ici, loin des hommes pour vivre enfin en paix.
- Je cherche aussi à m’évader, EDGE. Et je voudrais en profiter pour trouver mon père…
- Ah oui, Grisby. Tu sais, SEI LYNE, qui me sait en prison, m’a discrètement et clandestinement fait parvenir une lettre dans laquelle elle m’explique quelque chose au sujet de ton père, qui, paraît-il est retenu prisonnier chez JULIUS.
- Oui, c’est vrai ! répondit Celes. Alors, que dit cette lettre ?
- Je vais te la lire, répondit EDGE en s’emparant de celle-ci, qui traînait sur son lit.

« EDGE, mon amour, ma vie, ma lumière,
me voilà bien guérie, mais je suis au plus profond du désespoir. Peut-être eût-il mieux valu que l’on me laisse mourir du venin de ce scorpion. Me voilà mariée à cet infâme tyran, assise à un trône tâché de sang, au commandement suprême d’un empire de violence et de haine. Mes rêves de liberté, de vivre avec toi, de voir grandir nos enfants sont brisés. Te voilà en prison, et sans doute seras-tu condamné à mort sous peu, car l’empereur a la rancune tenace. Mais apprends que j’essaie sans cesse d’obtenir la clémence de JULIUS pour qu’il t’épargne, et cela semble pour l’instant marcher, alors prions les dieux pour que tu restes en vie.
En attendant, j’ai appris par l’empereur, qui me raconte tout, une bien étrange histoire sur celui que nous avons connu il y’a une dizaine d’années, ce petit Grisby que nous avons aidé dans son combat contre les déesses noires. Il est retenu prisonnier dans le palais, et JULIUS s’en sert pour je ne sais quelles expériences malsaines. En vérité, JULIUS (à la recherche de la pierre des dieux) a appris dans les grimoires de ses ancêtres qu’un jour, selon la légende, un mortel se sentirait irrésistiblement attiré par cette pierre (enfouie comme tu le sais quelque part dans le DESERT INCONNU), qu’il la trouverait, mais que selon les choix qu’il aurait fait au cours de sa vie, il pourrait ou non en assumer les pouvoirs. Or Grisby, retrouvé inconscient dans le désert par un patrouille de soldats qui guettait l’arrivée de l’ennemi, tenait entre ses mains cette pierre des dieux. Son coma, selon les médecins et d’un point de vue plus scientifique, serait dû au fait que les plaisirs du VOYAGE auraient affaibli ses capacités au point qu’il ne plus faire fusion spirituelle avec cette pierre et en avoir conscience. Ce grimoire dit enfin que c’est de ce mortel, investi d’une puissance divine, que dépendra le sort du monde. Mais JULIUS a bien compris que le mortel en question, c’était Grisby, et il emploie ses sorciers à drainer son énergie nouvelle, à l’étudier et à savoir la manipuler pour conquérir le monde.
Voilà une singulière histoire, mon aimé, mais peut-être faudrait-il la prendre au sérieux, car elle pourrait déclencher un événement exceptionnel qui pourrait être pour nous un prétexte d’évasion.
Je dois te laisser, mon cœur, car JULIUS me surveille beaucoup. Je t’enverrai d’autres lettres.
Je t’aime. Sei Lyne. »

« Bien, dit Celes, il n’y’ a donc pas une minute à perdre ! » On entendit alors Celes crier dans tout l’étage de la prison. Les deux gardes-chiourmes arrivèrent en trombe, entrèrent dans la cellule et s’agenouillèrent près de Celes qui se tordait de prétendue douleur par terre, en criant. « Mais qu’est-ce qu’elle a ? se demanda l’un ». Aussitôt, EDGE, qui était caché derrière la porte, apparut furtivement et cassa la cruche sur la tête de l’un et le tabouret sur la tête de l’autre. Ils leur prirent leurs vêtements et cachèrent leurs corps, ligotés et baillonés au moyen de draps, sous le lit. Ils sortirent et fermèrent la porte de la cellule à clé, avant de sortir de la prison.
- Nous n’avons pas à nous en faire. Avec tout le temps que j’y ai passé, je connais cette ville comme ma poche !
- Intelligent, ton plan d’évasion, Celes. Tu réfléchis vite.
- Ne te réjouis pas trop tôt, EDGE, il nous faut tenter de sauver mon père.
- Dans cette défroque, nous passerons inaperçus. Nous sommes des soldats d’Alexandrie !

Pendant ce temps, dans le désert, on attendait patiemment le retour de Celes. C’est alors qu’un homme arriva dans le campement et demanda à voir le COMMANDANT SPITZER, qui était à l’infirmerie en train de veiller sa vieille amie, le général PERRY.
- Lieutenant Rom HOTLETE, sous-commandant de la division aérienne des armées de JEREZ ! dit le jeune officier au garde-à-vous en se présentant au COMMANDANT SPITZER.
- Repos.
- Je viens de JEREZ avec un message du Roi GREITE HOUANE et de ses ministres. Grâce au messager volant qui devait nous demander en votre nom l’assistance de LAPHINE et de sa division volante, nous avons appris que le général PERRY était condamnée à mourir. C’est pourquoi, dès à présent, le Roi vous lègue les pleins pouvoirs, perpétuels en cas de non-rétablissement du général. Vous occupez désormais le poste qu’occupait votre supérieur.
- Ce sera la plus grosse responsabilité que j’aie jamais portée. Mais je l’assumerai parce qu’il faut gagner cette guerre. L’escadre volante est arrivée ?
- Oui, depuis près quart d’heure, elle s’est installée à une ou deux lieues derrière votre campement pour ne pas semer le trouble chez vos hommes, et on m’a envoyé ici pour porter le message. L’escadre est composée des 3 seuls vaisseaux de guerre dont nous disposons jusqu’à présent, plus le FLYING LAPHINE, ce qui fait 4. Le capitaine LAPHINE les a fait munir d’un dispositif silencieux et qui rend quasiment invisible dans la nuit.
- Bien, dit SPITZER en sortant de l’infirmerie, nous n’avons que trop attendu, maintenant que l’escadre volante est là nous allons pouvoir faire une ATTAQUE DE NUIT ! L’ANTIDOTE, NOUS IRONS LE CHERCHER NOUS-MEME ! A NOUS ALEXANDRIE ! »
Bientôt la foule de soldats criaient en chœur cette phrase mythique, répétée de générations en générations et figurant même dans les manuels scolaires de nos enfants : « A NOUS ALEXANDRIE ! » Tout le camp fut réveillé, l’attaque d’Alexandrie pouvait commencer.

Celes et EDGE, ne se doutant de rien, marchaient inlassablement vers le palais royal. C’est alors que les murs d’Alexandrie partirent en de fulgurantes explosions, tandis que la ville elle-même succombait aux projectiles incendiaires et à l’invasion fulgurante des soldats de JEREZ. Le feu éclaira bientôt très efficacement cette nuit d’encre noire. Celes comprit que c’étaient les siens qui attaquaient, et que leur victoire était bien partie. Vite ! pensa-t-elle, il faut enlever ces uniformes !
Une masse s’écrasa sur Celes. Immobilisée, elle comprit en peu de temps que c’était une femme, et qu’elle lui voulait du mal, car elle la tenait en respect avec un couteau à cran d’arrêt. EDGE se saisit aussitôt de son arc.
- Ne touche pas à ton arc, soldat ! Où j’égorge ta collègue !
- Qui es-tu ? Que veux-tu ? demanda EDGE
- Je suis le capitaine LAPHINE, comandant de l’escadre volante de JEREZ. L’armée pourra sans doute se passer de moi pour cette guerre, et pendant ce temps, je veux que vous me meniez au temple et SANS M’OPPOSER DE RESISTANCE ! sinon…
- LAPHINE ! mais arrête, c’est moi, Celes !
- De quoi ? Oh, pardon, chérie je ne t’avais pas reconnue. La petite protégée du général PERRY… mais qu’est-ce que tu fais ici avec ton compagnon dans cet uniforme de soldat ?
- Heu, c’est une longue histoire, je te l’expliquerai en route. Mais en attendant, d’où tombes-tu ?
- De la-haut. De mon vaisseau, j’étais pendue au bout d’une corde… eh oui ! j’arrive à faire des vaisseaux volants silencieux, maintenant, grâce au secret de l’énergie à particules atomiques ! J’ai réalisé ce que même les excellents scientifiques de SINGAPOUR n’ont pas encore esquissé. Mais en attendant, j’ai chargé mon second, le Lieutenant HOTELETE de diriger mon escadre pendant que je m’occupe de JULIUS… J’AI UN COMPTE PERSONNEL A REGLER AVEC CETTE ORDURE !
- Alors, nous sommes dans le même camp. Mais qu’est-ce que tu lui reproches exactement ?
- D’avoir, il y’a quelques semaines, décimé plus de la moitié de mon escadre volante. Pour ses soldats, un simple exercice de tir… Mais pour moi, la perte de ce qui m’est le plus cher ! Je n’ai plus que 3 vaisseaux, sans compter le mien, sur les 15 que j’avais au départ !
- Eh bien, Celes et LAPHINE, allons-y, s’exclama EDGE, nous allons au palais impérial d’Alexandrie ! Mais pour vous rendre la-bas, il ne vous suffira seulement pas d’avoir une raison d’y aller. Il vous faudra aussi du courage

(c)Matt Stéffan